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DU Dr GÉRARD BOUVIER
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L’HERPÈS

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sommaire dermatologie

Dans la série : 
« 
Les interviews de Timothée », aujourd’hui…


L’HERPÈS…

Pour l’herpès labial il faut il faut pour la personne contaminée éviter les baisers sur la bouche bien sûr s’il on est en poussée, mais aussi sur la peau. S’abstenir de tous les contacts oro-génitaux. Éviter soigneusement de toucher les boutons de fièvre car les doigts peuvent transmettre les virus sur d’autres parties du corps : les yeux, les muqueuses, le sexe, la peau. Il faut éviter de se sécher les yeux avec le linge avec lequel on s’est séché les bords de la bouche et éviter aussi de se prêter du linge qui a pu être en contact des lésions herpétiques comme des linges de toilette. On ne se prête pas non plus les lentilles de contact même s’il peut être tentant d’utiliser les lentilles colorées de la copine. Et toujours pour les lentilles de contact on évite de faire ce qu’on voit parfois : de les humidifier avec sa salive !

D’une manière générale le patient contaminé, même en dehors des poussées, doit se souvenir qu’il est porteur d’un virus qui profite des baisses d’immunité pour s’en donner à cœur joie. Il faudra donc être prudent surtout avec toutes les personnes dont l’immunité est à priori fragile c'est-à-dire les nouveau-nés, les vieillards, les grands malades, les convalescents de maladie grave, les patients atteints du Sida ou les patients en chimiothérapie.

J’ajouterai aussi qu’il faut éviter le contact avec des jeunes enfants porteurs de lésions importantes d’eczéma car le virus de l’herpès trouve là une porte d’entrée qui lui plait bien et ce peut être source d’herpès généralisés qui sont très graves.




Timothée :

Docteur Bouvier ! L’herpès c’est une maladie infectieuse très courante. Tout le monde connaît les boutons de fièvre soit qu’il en ait été affligé, soit que l’un de ses proches en affiche régulièrement les stigmates. Quel en est l’agent responsable ?

Docteur Bouvier :

Oui, d’abord je vais m’arrêter quelques instant sur le fait qu’il s’agit d’une maladie très courante effectivement puisque on estime que 10 millions de personnes en France sont touchées un jour ou l’autre. Sais-tu Timothée qu’il existe en fait deux formes d’herpès? Si l’herpès labial qui éclôt comme son nom l’indique sur la lèvre est quand même assez bénin, une autre forme est l’herpès génital moins connu bien qu’il touche 2 millions de personnes en France et qui est très handicapant dans la bonne gestion de sa sexualité. Du fait qu’il fait partie des infections sexuellement transmissibles il fait moins parler à table que l’herpès labial et c’est pour ça qu’il est très méconnu.

Pour revenir à ta question, l’agent causal de l’herpès est un virus. Mais en réalité il existe deux virus en causes, le virus de type 1 qui est responsable de l’herpès du visage et plus précisément de toutes les éruptions situées au dessus du niveau de la taille et le virus de type 2 qui est responsable de l’herpès génital et plus précisément de toutes les éruptions situées au dessous du niveau de la taille.

Le virus de l’herpès

Timothée :

Beaucoup de maladies à virus nous immunisent. On les attrape une fois dans notre vie et ensuite nous fabriquons des anticorps qui nous protègent et nous mettent à l’abri d’une récidive. Or l’herpès procède volontiers par crises qui se répètent ?


Docteur Bouvier :

Tu a tellement raison Timothée, que la maladie est décrite en fait dans les ouvrages médicaux sous le nom d'herpès récidivant. Ce virus qui est l’herpès simplex virus (HSV) a un comportement très original dans l’organisme. Une fois contaminé on va le rester toute notre vie et le virus sera tantôt au calme, quiescent, ne donnant pas de symptômes, tantôt il va ressurgir et provoquer une poussée avant de se dissimuler à nouveau dans l’organisme pour une nouvelle période de léthargie.


Timothée :

Nous sommes en présence d’un virus, donc d’une maladie infectieuse transmissible. Comment se fait la contagion ?


Docteur Bouvier :

Même si nous n’avons pas tous eu un jour une poussée d’herpès labial nous sommes quand même 90% à posséder des anticorps contre ce virus ce qui prouve que nous l’avons rencontré jadis et que nous en sommes toujours porteurs. Le nouveau-né est protégé par les anticorps que lui a transmis sa mère. Mais au bout de 4 à 6 mois ses anticorps ont vieilli et ils ne sont plus efficaces. Ils ne protègent donc plus le nourrisson et c’est là, dans les premières années de sa vie, le plus souvent entre 6 mois et 4 ans, qu’il va être contaminé, et c’est bien triste à dire, le plus souvent par un baiser de sa mère. Neuf fois sur dix il ne se passera rien et la transmission du virus se fera de façon totalement inapparente. Mais parfois, par contre, va se déclarer une première infection à virus de type 1. Cette première infection non seulement est alors apparente mais elle est souvent spectaculaire et douloureuse sous forme d’une angine herpétique ou d’une gingivo-stomatite herpétique c'est-à-dire d’une atteinte du pharynx et des amygdales, des joues et de la langue par le virus. Il se forme alors localement des petites vésicules brillantes qui vont se rompre et laisser des ulcérations très douloureuses qui parfois vont empêcher le nourrisson de s’alimenter tandis qu’apparaît une forte fièvre. Sans être dramatique tu vois, Timothée, que c’est un tableau qui est loin de passer inaperçu et qui va inquiéter la famille.

Timothée :

Oui ! Nous sommes assez loin du banal bouton de fièvre. Mais comment se fait le passage de cette primo-infection bruyante jusque vers le banal bouton de fièvre ?


Docteur Bouvier :

Au cours de cette première infection le virus se multiplie sur son site d’introduction, qui est on l’a dit au niveau de la bouche. Puis les défenses de l’organisme, les anticorps, les lymphocytes et bien d’autres facteurs encore prennent le dessus. C’est très intéressant d’ailleurs et il faudra que j’ t’explique tout ça un jour. Bref ! Le virus vaincu baisse les armes et rentre se réfugier dans sa caserne c'est-à-dire dans les ganglions situés au voisinage de la région buccale et donc situés à la base du cou et pour s’y aller réfugier ils suivent le trajet d’une racine nerveuse. Et là, le virus se tient tranquille effrayé par tant de solides défenses immunitaires. Mais ces défenses qui nous protègent si elles sont efficaces, ne sont pas immuables et parfois elles vivent des périodes d’affaiblissement, de grosse fatigue ! Aussitôt, le virus reprend espoir et il va en profiter pour déclencher des expéditions punitives. Il reprend le même trajet des racines nerveuses en sens inverse et il vient éclore à la surface sur la peau en général sur la lèvre, sous forme de ces petits amas de vésicules que tout le monde a vu un jour ou l’autre et qu’on appelle le bouquet d’herpès. Les vésicules –comme on a parlé d’un trajet nerveux pour le cheminement du virus- ont parfois été précédées de petits picotements avant même l’éruption du bouquet d’herpès. Ainsi ceux qui ont récidivé plusieurs fois sentent très bien l’arrivée de la récidive herpétique avant même l’éruption. Les vésicules restent en place quelques jours, se rompent, laissent place à quelques croûtes un peu jaunâtres et pas très sympathiques qui finissent par sécher et finalement tomber jusqu’à la prochaine poussée.


Timothée :

« Bouquet d’herpès », le nom est bucolique mais il dissimule mal une lésion disgracieuse et qui donc -j’ai bien compris- va se reproduire régulièrement ?


Docteur Bouvier :

Oui, et en général au même endroit. Les poussées d’herpès vont donc récidiver dans les moments où l’immunité est affaiblie. Ce peut-être lors de l’arrivée d’une autre infection surtout si elle est fébrile et c’est pourquoi on parle souvent de boutons de fièvre pour qualifier l’herpès. Mais il existe bien d’autres causes déclenchantes possible : l’exposition solaire du visage par exemple lors des séjours à la neige des vacances d’hiver, la période avant les règles chez certaines femmes mais pas toutes, parfois lors d’un gros stress, d’une période de surmenage, parfois lors de la prise excessive d’alcool, ou lors d’un gros décalage horaire à l’occasion d’un voyage lointain.

Timothée :

Les localisations sur les lèvres sont les plus courantes. Mais n’y a-t-il d’autres localisations possibles ?


Docteur Bouvier :

Au niveau des doigts on peut avoir un faux panaris qui est en fait un bouquet d’herpès qui ressemble effectivement à un panaris, ou bien encore sur les joues ou les narines mais la localisation la plus dramatique concerne les yeux avec 60 000 cas par an en France. Le transfert sur la cornée se fait le plus souvent par l’intermédiaire des doigts. C’est en général le virus de type 1 qui est en cause, mais le virus de l’herpès génital peut aussi se rencontrer en cas d’auto-inoculation par les doigts. La première infection est gênante mais n’est pas très pénalisante sauf si dans 25% des cas elle évolue vers la kératite profonde. Mais s’il y a des récidives fréquentes il peut y avoir une évolution vers la kératite herpétique qui peut être la source, c’est rare mais c’est grave, d’une cécité. Dans les pays industrialisés l’herpès oculaire est la première cause de cécité d’origine infectieuse.

Timothée :

J’ai très envie de savoir quels sont les premiers symptômes de l’herpès oculaire...


Docteur Bouvier :

Oui ! Tu as raison d’autant qu’on le verra tout à l’heure si le traitement de l’herpès est très décevant, en cas d’herpès oculaire le traitement doit être précoce car il est performant avec un antiviral qui s’appelle l’aciclovir.

Les premiers symptômes sont un larmoiement unilatéral au début car il est tout de même rare de prendre un herpès oculaire d’emblée des deux côtés. On ressent une sensation de grain de sable dans l’œil qui devient vite très rouge. La vision devient vite trouble avec une gène en présence de la lumière qu’on appelle une photophobie.

Le diagnostic devra alors être porté de façon urgente par l’ophtalmologiste. Il va utiliser un collyre fluorescent et va ensuite examiner l’œil avec une lampe spéciale qu’on appelle la lampe à fente qui va permettre de voir des ulcérations sur la cornée qui trahissent la présence de l’herpès oculaire.

Le problème c’est qu’on est –souviens-toi Timothée- en présence d’un herpès récidivant et il va donc y avoir des récurrences avec un taux de rechute important puisqu’il atteint 34% par an. Et de récurrence en récurrence le risque est grand que se crée une kératite chronique qui va peu à peu constituer un tissu opaque qui vient obstruer la vision.

Timothée :

Mais il y a un deuxième virus de l’herpès le HVS 2 très ressemblant mais qui a un tout autre centre d’intérêt dans la vie puisque c’est le virus qui provoque une forme d’herpès bien plus redoutée : l’herpès génital...


Docteur Bouvier :

Oui c’est un virus très voisin mais pour une toute autre histoire !
Car on est là devant une infection sexuellement transmissible (tu sais Timothée qu’on dit une IST et non plus une MST car le mot infection s’est substitué au mot maladie).
Cette IST est très fréquente.
On en parle beaucoup moins car les gens n’ont guère d’appétit à parler de leurs maladies sexuellement transmissibles lors des repas de famille, mais c’est, on l’a dit, 2 millions de français touchés, et c’est une maladie très invalidante et qui peut avoir aussi de graves répercussions en fin de grossesse sur l’enfant à naître.

Timothée :

La transmission de ce virus de type 2 se fait donc par voie sexuelle...

Docteur Bouvier :

Essentiellement oui et tu comprends les difficultés que cela peut introduire dans un couple où l’un des partenaires a désormais à se poser à tort ou à raisons des questions sur la fidélité de son conjoint. C’est par ailleurs une affection qui pourra passer inaperçue dans 90 % des cas au début et ce sont les récidives plus ou moins fréquentes qui vont faire le diagnostic de cette infection génitale qui se présente là aussi sous forme de petites vésicules disposées sur les organes génitaux, qui vont devenir des ulcérations très douloureuses en rendant temporairement impossible toute relation sexuelle pendant les 10 à 15 jours de l’éruption. Autre difficulté : on peut être porteur du virus et donc transmetteur potentiel sans avoir soi-même eu la moindre poussée d’herpès génital. Et pour embrouiller encore un peu plus, il faut dire que le virus de l’herpès labial peut rarement mais parfois être la cause aussi d’un herpès génital en cas de rapport oro-génital. Tu vois donc la complexité de la transmission et les fréquentes difficultés de tous ordres que cela peut induire dans un couple.

Timothée :

Par ailleurs l’herpès génital pose problème chez la femme enceinte à terme...  


Docteur Bouvier :

Le risque on le comprend bien c’est qu’en cas de poussée d’herpès génital lors de l’accouchement le bébé va traverser une filière génitale infectée avec un gros risque de contamination au niveau des vésicules vulvaires ou vaginales. Là on n’est plus dans le « bouton de fièvre » et herpès néo-natal est très grave avec 50% de mortalité et 25% de séquelles graves. Ça reste heureusement un accident très rare qui concerne 1 nouveau-né sur10 000 en France et la parade consiste à pratiquer au moindre doute d’infection en cours une césarienne. Mais bien sûr les infections méconnues des patientes elles-mêmes vont passer à travers cette mesure de prévention.

Timothée :

Docteur Bouvier, comment limiter le risque de toutes ces transmissions virales ?


Docteur Bouvier :

Pour l’herpès génital c’est bien sûr l’usage du préservatif dans un couple où l’un des partenaires est porteur connu et plus encore naturellement dans les périodes de poussées d’herpès génital.

C’est aussi une des raisons parmi bien d’autres (et pas seulement le SIDA) de se protéger systématiquement lors d’une aventure sans lendemain ou quand on est au début d’une relation.

Timothée :

Vous ne m’avez pas parlé du traitement ?


Docteur Bouvier :

Je le réservais pour la fin mais ce sera très court : aucun traitement local n’est efficace même si beaucoup de pommades se vendent très bien notamment à base d’aciclovir.

Les traitements en comprimés (Zovirax®, Zélitrex® et leurs génériques) sont décevants aussi. Ils peuvent être justifiés en cas d’herpès génital très récidivant avec des résultats médiocres. Pour l’herpès buccal la patience reste le traitement le plus efficace et le moins cher.


Timothée :

Merci Docteur Bouvier, même si avec une telle fin, je reste un peu sur ma faim...

Les virus de l’herpès de type 1 et de l’herpès de type 2 sont proches de ceux de deux autres maladies qui se caractérises elles-aussi par la présence de petites vésicules.
Ces maladies sont la varicelle et le zona.


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