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Vous pouvez m’adresser
un mail à cette adresse:

 gerard.bouvier2@wanadoo.fr

Ah, bon ! Pourtant beaucoup d’experts sérieux se demandent si la baisse de la mortalité du fait du programme de dépistage est bien réellement prouvée. Parce que si l’on a doublé le nombre des cancers diagnostiqués en 20 ans, on a vu pendant le même temps la courbe de mortalité augmenter de 25%. Donc il y a maintenant plus de décès par cancer du sein qu’au tout début du dépistage. Sans parler de toutes ces femmes affolées par un doute qui finalement après bien des examens pénibles s’avère souvent injustifié.


Balivernes ! Pourquoi voulez-vous que le dépistage augmente la mortalité ? C’est comme si vous me disiez qu’il y a plus de grippés depuis qu’on vaccine les populations à l’automne !


Ça n’est pas vraiment le même cas de figure. Certaines publications donnent à penser que beaucoup de femmes sont porteuses d’un petit cancer in situ qui ne se développera jamais, qui parfois va régresser et disparaître, et qu’elles mourront d’une crise cardiaque comme vous et moi. Quel est l’intérêt de les avoir diagnostiquées cancéreuses pendant de longues années avant qu’elles meurent de tout autre chose ? Sans compter les examens pénibles, les attentes de résultat angoissées, les traitements agressifs...


Écoutez, chère consœur, si vous ne voulez pas dépister vos patientes c’est votre problème !

Mais une femme sur 8 va faire un cancer du sein dans sa vie. Celle qui viendra à 60 ans avec un cancer du sein alors que vous ne lui avez pas conseillé des mammographies tous les deux ans depuis 50 ans sera persuadée que vous lui avez causé un retard de diagnostic et donc un grave préjudice. Ne compter pas sur moi pour trouver des arguments pour aller à votre secours ce jour là.


A l’inverse, cher confrère une étude britannique montre qu’après une mammographie tous les deux ans pendant 20 ans, une femme sur deux a eu un résultat faussement positif donc un diagnostic de cancer sur la radio alors qu’en réalité après des examens angoissants, douloureux et parfois mutilants il s’avère au final qu’il n’y avait pas de cancer.


Bien sûr qu’il y a du diagnostic en excès, du traitement en excès. Mais vous ne pouvez cacher que l’essai des suédois de Malmö a montré que sur 1000 femmes dépistées on évite 4 décès pas cancer...


Et que sur ce même échantillon on découvre 8 soi-disant cancers à qui ont fait subir des biopsies, des ponctions, voire parfois des ablations d’un bout du sein pour trouver au bout du compte que c’était un diagnostic par excès et qu’elles n’ont jamais eu de cancer.

C’est le prix à payer pour faire un diagnostic précoce. D’ailleurs à propos de diagnostic précoce, moi je commence à prescrire les mammographies dès 40 ans. On n’est jamais assez prudent !




La mammographie


Et vous, qu’en pensez-vous cher confrère de ce programme de mammographie tous les deux ans chez toutes les femmes à partir de 50 ans ?


Je n’en pense que du bien. Pour une fois notre ministère s’est rendu utile. Nous pouvons dépister des petits cancers avant qu’ils ne deviennent graves et leur traitement précoce permet de diminuer la mortalité de 25 à 30%. C’est une grande avancée de la médecine moderne. C’est enfin une porte largement ouverte sur une médecine de prévention. Depuis le temps qu’on l’attend !

La mammographie

Il est probable qu’une biopsie inutile n’a jamais tué personne. Cependant permettez moi de vous mettre en garde : allez tripatouiller un petit cancer qui se serait peut-être tenu tranquille toute la vie avec une aiguille à biopsie peut éventuellement le faire changer d’avis. Ce peut être le déclenchement d’un vrai processus tumoral. Et qui sait ? Quand on trifouille intempestivement un furoncle on peut parfois envoyer des microbes dans la circulation générale et provoquer une septicémie. Qui vous dit que votre aiguille quand elle gratouille un cancer quiescent ne va pas provoquer par le même mécanisme une éruption de métastases.

Certaines publications semblent soutenir cette thèse.


Thèses ! Antithèses ! Folles thèses ! Foutaises !


Mais vous savez bien que toutes les publications disent qu’avant 50 ans le dépistage n’apporte rien et même qu’il est plutôt nocif.


Vous me faites rire ! Vous êtes bien naïve chère consœur. Les femmes à qui je prescris une mammographie dès 40 ans me sont infiniment reconnaissantes. Elles comprennent que je suis prêt à braver les recommandations pour les chouchouter, pour bien m’occuper d’elles et tant pis pour ce que ça coûte à la société !

Une biopsie inutile n’a jamais tué personne. Et vous verrez en vieillissant, (ce que je ne vous souhaite pas, naturellement chère consoeur), mais on ne reproche jamais à un médecin d’avoir fait un examen inutile même si les conséquences pour le patient sont désastreuses. Par contre si vous avez négligé un examen qui aurait pu éventuellement lui être utile vous pouvez vous attendre au pire.


Vous ne nous feriez pas un peu de clientélisme, cher confrère ? Irradier vos patientes 5 fois de plus entre 40 et 50 ans pour leur faire croire que vous les bichonnez alors que vous les exposez à un examen qui a prouvé qu’il n’était pas fiable et qu’il est nocif à cet âge avec une balance bénéfice/risque défavorable est-ce bien raisonnable ?



Je vois bien que je vais avoir du mal à vous convaincre. Mon opinion est faite et la votre aussi. En réalité la seule conduite sage est d’expliquer aux femmes les avantages et les inconvénients du dépistage. Ensuite chacune fera son choix d’être dépistée ou non.


Avec des arguments spécieux comme les vôtres, les femmes ne sont pas prêtes de pouvoir se faire une idée !


Mais vous en êtes un autre, mon cher confrère et j’en ai autant pour vous.


Madame et chère consœur je ne vous salue pas !


Moi, non plus.

Pcc : Dr Gérard Bouvier

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